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Femmes et Sport PDF Imprimer Envoyer
Article du site du ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative :


Sport féminin

Des constats
Les femmes sont de plus en plus nombreuses à pratiquer des activités physiques et sportives : de 9% en 1968, on constate une progression à 48% aujourd’hui. Cependant, même si elle augmente, la pratique féminine licenciée, reste nettement en retrait par rapport à celle des hommes puisque 2/3 des licencié(e)s sont des femmes.
 
De plus, le développement de nouveaux freins culturels d’ordre communautaire dans les quartiers sensibles entraîne une lente exclusion des jeunes filles dans les quartiers sensibles. 51% des filles pratiquent le sport hors zones d’éducation prioritaire (ZEP) et 32% en ZEP. Ce désengagement sportif progressif ne permet plus au sport de jouer pleinement son rôle social intégrateur.
 
Le sport féminin diffère encore sensiblement du sport masculin, qu’il s’agisse des disciplines choisies, de l’intensité des activités au cours de la vie, des lieux de pratiques ou encore de l’engagement dans la compétition. En effet, au 31 décembre 2004, 34,6% des sportif(ve)s de haut niveau inscrit(e)s sur les listes ministérielles sont des femmes.
 
Concernant l’accès des femmes aux postes à responsabilité(s), plus on progresse dans « la hiérarchie », moins il y a de femmes… Ainsi, au 1er octobre 2004, seules 5,8% de président(e)s et 10,8% de trésorier(e)s des fédérations françaises étaient-elles des femmes.
 
Ce constat - cette sous-représentation féminine aux postes de responsabilité élective - est également observé en matière d’encadrement technique. A titre de simples illustrations, au 31 décembre 2004, 14,9% des conseiller(e)s techniques sportif(ve)s (CTS), 10,2% des entraîneur(e)s nationaux(ales) (EN) et 3,8% des directeur(trice)s techniques nationaux(ales) (DTN) sont des femmes.
 
Enfin, l’accès des femmes aux formations et aux métiers du sport reste encore insuffisant. En 2002, 28% des titulaires du Brevet d’Etat d’Educateur(trice) Sportif(ve) 1er degré (BEES 1) et 15% des titulaires du Brevet d’Etat d’Educateur(trice) Sportif(ve) 2ème degré (BEES 2) étaient des femmes.
 
La « société sportive » n’est-elle pas en train de prendre du retard sur la société civile (alors que depuis un siècle, l’association a été le creuset de tant d’innovations et de progrès sociaux) ?
 
Des avancées importantes
Au plan européen
La France a assuré d’avril 2002 à avril 2004 la présidence du réseau européen « Femmes et sports » [http://www.ews-online.org], structure informelle liée à la Conférence sportive européenne et rassemblant des représentants des gouvernements et des mouvements sportifs européens (41 Etats européens actuellement représentés).
 
Conçue dès l’origine dans le cadre d’une démarche partenariale entre le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative et le Comité National Olympique et Sportif Français, cette présidence avait pour objectifs de :
  • Contribuer au développement d'une culture de l'égalité entre les hommes et les femmes conforme aux recommandations du Groupe Européen « Femmes et Sports » et selon les principes de l'approche intégrée de l'égalité entre les hommes et les femmes (gender mainstreaming) ;
     
  • Développer le réseau européen en renforçant les coopérations avec les pays du sud de l'Europe et le nouveau réseau des pays méditerranéens ;
     
  • Échanger les savoir-faire et développer les coopérations multilatérales dans le but de promouvoir les projets "femmes et sport" et d'accroître ainsi la démocratie dans la société ;
     
  • Encourager les efforts nationaux et internationaux en vue d'améliorer la place des femmes aux postes de responsabilité pour garantir un meilleur équilibre des décisions ;
     
  • Favoriser la présence de femmes dans toutes les délégations nationales lors des compétitions organisées en Europe et notamment aux Jeux Olympiques d'Athènes 2004 ;
     
  • Promouvoir la réflexion et l'action pour l'égalité dans l'éducation dans le cadre de la préparation de « l'année européenne de l'éducation par le sport ».
     
A l'occasion de la première réunion du groupe de pilotage de la présidence française, le 15 novembre 2002 au CNOSF, Monsieur Jean-François LAMOUR, Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, avait, à l’occasion de son intervention, présenté les orientations de sa politique sur le dossier "femmes et sport".
 
La 6ème conférence européenne du réseau européen «Femmes et sports» a été tenue à Paris les 24, 25 et 26 avril 2004 sur le thème « Femmes, Sport et Démocratie. Les femmes, un enjeu pour le sport. Le sport, un enjeu pour les femmes ».
 
Elle a été clôturée par un « appel à l'action » de tou(te)s les participant(e)s à tous les pays européens pour développer le principe d’égalité dans le sport. A cette occasion a été réaffirmé le besoin de coopération et de coordination entre les organisations européennes et nationales, gouvernementales et non gouvernementales, ainsi qu’avec les organisations olympiques responsables des questions liées à la part et à la place des femmes dans le sport.
 
Les programmes d'échanges sportifs, négociés en application d'accords bilatéraux, signés par la France avec une quinzaine d'Etats européens, offrent l'opportunité de confronter des expériences françaises et étrangères par l'inscription de points spécifiques « Femmes et sport ». A titre d'illustration, un échange avec la République Fédérale d'Allemagne a traité, en 2004, des questions comparées de l'accès des femmes aux responsabilités dans les instances sportives et des problématiques particulières liées à la pratique sportive féminine dans les quartiers sensibles.
 
Au plan national
 
L’ensemble des Ministères, dont le Ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative, a participé, dès 2003, à l’élaboration de la charte « Pour l’égalité des hommes et des femmes, la France s’engage » afin que cette préoccupation soit intégrée dans les politiques publiques, aux échelons national, régional et local. Ainsi, en 2004, le MJSVA s’est-il notamment engagé à :
  •  observer les situations des femmes et des hommes dans la fonction publique,
     
  • valoriser l’accès à la fonction publique,
     
  • sensibiliser et former les personnels à la dimension de l’égalité,
     
  • respecter la parité dans les jurys et les instances administratives.
A titre de simple illustration, la part des femmes chefs de bureau au sein de l’administration centrale du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative est passée de 28,2% en 2000 à 47,6% en 2004.
Le groupe de travail national « Femmes et Sports », mis en place par les ministres de la jeunesse, des sports et de la vie associative et de la parité et de l’égalité professionnelle, présidé par Madame Brigitte Deydier, Vice-présidente de la Fédération française de Judo, a mené de nombreuses consultations et recherches autour de 2 thèmes :
  • l’accès des femmes aux fonctions dirigeantes,
     
  • la pratique des jeunes filles et femmes dans les quartiers urbains sensibles.
     
Il a remis son rapport « Femmes et Sports » aux ministres le 21 avril 2004 lors de la 6ème conférence européenne.
 
Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative a décidé de réaliser une plaquette «Femmes et Sport : de la réflexion à l’action» (décembre 2004) présentant les préconisations de ce rapport, ainsi que les actions qu’il entend conduire et/ou soutenir à titre prioritaire en 2005. Cette plaquette a pour objet de mieux faire connaître les travaux conduits par ce groupe de travail et de donner aux acteurs amenés à développer des politiques sportives les moyens d’améliorer l’image, la place et le rôle des femmes dans le sport.
Les conventions d’objectifs signées entre le ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative et les fédérations sportives ont permis de soutenir et accompagner les actions visant à promouvoir la pratique sportive féminine. Ce travail engagé au niveau national devra être décliné aux niveaux régional et départemental, chaque comité régional ou départemental devant identifier et renseigner des indicateurs sexués.
 
La loi n°84-610 du 16 juillet 1984 modifiée, relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives, affirme la nécessité d’un accès égal des femmes et des hommes tant à la pratique des activités physiques et sportives qu’à tous les niveaux de responsabilité au sein des associations sportives.

La volonté d’assurer aux femmes une juste place au sein des instances dirigeantes des fédérations s’est traduite par l’introduction d’un principe de proportionnalité entre le nombre de femmes licenciées et le nombre de sièges dont elles doivent disposer dans le décret n°2004-22 du 7 janvier 2004, relatif à l’agrément et aux statuts des fédérations sportives.

La mise en œuvre de ce décret va permettre, à l’occasion des (très prochains) renouvellements des instances dirigeantes des fédérations, d’affirmer la place des femmes par une meilleure représentativité au sein des organes de décision, tant aux niveaux national que local (au titre d’une démarche volontariste).

D’importantes mesures ont été prises par la Commission nationale du sport de haut niveau pour la reconnaissance de haut niveau des disciplines sportives, reconnaissance qui s’applique désormais indistinctement aux pratiques féminines et masculines, et pour l’affirmation du principe d’équivalence de répartition des aides personnalisées entre les hommes et les femmes.

La stratégie d’actions du Ministère
L’instruction n°04-197 JS du 13 décembre 2004, relative aux priorités d’action « Femmes et Sport » du Ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative
L’instruction n°04-197 JS du 13 décembre 2004, relative aux priorités d’action « Femmes et Sport » du Ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative (MJSVA) [télécharger l’instruction], présente les actions déjà réalisées par le Ministère et ses services déconcentrés et indique les actions prioritaires à engager dès janvier 2005.

Cette stratégie très volontariste engagée par le Ministère, s’articule autour de 6 axes principaux :

1/ L’observation et l’analyse
La connaissance, les constats, les enseignements dégagés des réalités analysées doivent faciliter l’adoption de stratégies partenariales. La réalisation d’études portant sur la thématique « femmes et sport » dont les résultats doivent être largement diffusés sera encouragée.
 
2/ L’information, l’accompagnement et le conseil
Le plan de communication relatif à cette thématique comporte la réalisation :
  • de la plaquette « Femmes et Sport : de la réflexion à l’action » (décembre 2004) qui présente les préconisations du rapport « Femmes et Sport » ainsi que les actions que le Ministère entend conduire et/ou soutenir à titre prioritaire dès 2005,
  • du flyer et de l’affiche « Les métiers du sport, c’est aussi pour les femmes » (janvier 2005) qui a pour ambition d’informer les femmes sur les formations et métiers du sport [télécharger l’affiche]
     
Par ailleurs, au titre de la mission de conseil et d’expertise assurée auprès des collectivités locales et des associations, les caractéristiques spécifiques de la pratique féminine devront être systématiquement prises en compte et faire l'objet de réponses appropriées à l’occasion de la réalisation et/ou de la réhabilitation d’installations sportives. Ainsi, une plaquette sur le thème « Equipements sportifs et pratique féminine » est-elle en cours de préparation (avril 2005).
 
Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative soutiendra les initiatives visant à accompagner les nouvelles dirigeantes dans l'exercice de leurs responsabilités. Dans cet objectif, des stratégies diversifiées pourront utilement être proposées et des formes originales d’accompagnement expérimentées comme le "parrainage" - "tutorat" ou "mentorat".
 
Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative encouragera les centres de ressources et d'information des bénévoles (CRIB) qui affirmeront leur rôle d’aide et de conseil en ce domaine.
 
3/ Le soutien financier et le suivi des actions correspondantes
Les subventions publiques (crédits déconcentrés et part régionale du FNDS) destinées aux associations proposant des activités physiques et sportives, doivent contribuer à une mixité et une parité renforcées. Elles doivent, aussi, permettre de diversifier l’offre de pratiques.
 
Tirant les enseignements des Jeux Olympiques d’Athènes et en prenant appui notamment sur les commissions régionales du sport de haut niveau, les directions régionales et départementales de la jeunesse et des sports devront veiller à une mobilisation de tous les acteurs du développement du sport en faveur :
  • de la mise en place de pôles et/ou d’outils spécifiques de nature à favoriser la déclinaison de politiques inscrites dans la durée, d’accès au sport de haut niveau féminin ;
     
  • de l’attribution d’aides financières particulières aux équipes féminines de sports collectifs évoluant au meilleur niveau ;
     
  • du suivi médical des sportives de haut niveau, notamment au sein des filières d'accès au sport de haut niveau. En effet, une étude sur « la pratique intensive du sport et l'ostéoporose » a conclu à la nécessité de mieux informer, diagnostiquer, traiter et prévenir.
     
Une attention marquée sera portée au développement des pratiques physiques et sportives féminines, et notamment à la lutte contre toutes les formes de discrimination, dans les zones concernées par la politique de la Ville, en particulier sur les six des 23 sites prioritaires considérés comme « exposés de façon récurrente aux violences urbaines » retenus par le ministère de l’intérieur [consulter la liste des sites prioritaires] dans le cadre du Plan National de lutte contre le délinquance et pour lesquels le ministère a défini une démarche opérationnelle. Cette démarche permettra de repérer les expérimentations les plus innovantes, d'apporter une aide méthodologique à leur mise en place et permettre leur diffusion à l'ensemble des 23 sites prioritaires.
4/La valorisation et la promotion des bonnes pratiques
Les actions déjà programmées comme « Week-end du sport en famille », « Temps de sport », destinées à favoriser le développement des activités physiques et sportives, notamment en permettant à des publics jusque là exclus de la pratique d'y avoir accès, offriront l'occasion de renforcer la mixité.
Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative (MJSVA) et le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) organisent le concours national « Femmes et Sport » [télécharger le visuel], édition 2004-2005. Il a pour objectif de promouvoir l’image, la place et le rôle des femmes dans les pratiques physiques et sportives et leur accès aux responsabilités (élues et professionnelles) en France, et notamment dans les quartiers urbains sensibles. 4 prix seront remis :
  • le prix « Sport au féminin », qui récompense la meilleure stratégie ou action menée par une fédération sportive en matière de féminisation des postes à responsabilités (responsables élues et / ou professionnelles) et / ou de développement de la pratique - physique et sportive - féminine ;
     
  • le prix « Sport, filles et cités », qui récompense la meilleure stratégie ou action en matière de développement de la pratique - physique et sportive - féminine et de mixité (hommes / femmes) des pratiques, dans les quartiers urbains sensibles ;
     
  • le prix « Sport et aventure », qui récompense une femme ou une association de femmes pour la réalisation d’un exploit à caractère sportif ;
     
  • le trophée « Sport : le coup de cœur », qui récompense une personne pour son parcours et son investissement exemplaires sur cette thématique, quel que soit son « statut » (dirigeant, arbitre, sportif, chef d’entreprise…).
 
Par ailleurs, les directions régionales de la jeunesse et des sports (DR[D]JS), organiseront, en partenariat avec les comités régionaux olympiques et sportifs (CROS), au plan régional, un concours « femmes et sport » [pour en savoir plus : liste des correspondants régionaux « Femmes et Sport »].

5/ Les formations - les certifications
Il a été demandé aux directeurs régionaux de la jeunesse et des sports de :
  • bien veiller, dans le cadre de l'agrément des formations, à ce que les contenus intègrent la dimension « mixité » : caractéristiques de la pratique féminine en fonction des âges, conditions de développement, pédagogie adaptée… Des formations continues sur ces thèmes devront être proposées.
  • d’inscrire des actions spécifiques dans le cadre des plans régionaux de formation (PRF) des personnels [DR(D)JS / DDJS / établissements nationaux].
Par ailleurs, l'exigence de parité, à l'occasion de la constitution des jurys de certification, devra être respectée.
6/ Suivi - évaluation
Le ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative diffusera un rapport annuel sur la féminisation du sport.
 
La mise en oeuvre de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) a permis l’identification d’indicateurs permettant de mieux mesurer les résultats des actions conduites par le ministère dans ce domaine ; le renseignement précis de ces indicateurs par les différents producteurs d’informations (services déconcentrés, établissements nationaux, directions techniques nationales [DTN], fédérations sportives…) est essentiel. Il devra être effectif pour la 1ère fois à fin mars 2005.
Le pôle ressources national (PRN) « Sport, famille et pratique féminine»
Afin de renforcer l’impact des mesures prises en faveur de la pratique sportive féminine et de l’accès des femmes aux fonctions de dirigeantes, le ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative examine les conditions de création dans les mois à venir d’un pôle ressources national « Sport, famille et pratique féminine ». Un cahier des charges assorti d'un appel d’offres a été diffusé, en janvier 2005, pour une mise en place effective dès septembre 2005.


 


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