De Villepin:«Les travaux continuent»
Dominique de Villepin a annoncé mercredi que le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, la base nautique de Vaires-sur-Marne et la piscine olympique d'Aubervilliers prévues dans la candidature de Paris seraient construits malgré l'attribution des JO de 2012 à Londres.
Dans une brève déclaration depuis l'Hôtel Matignon, le Premier ministre a «salué la ville de Londres» et lui a «souhaité bonne chance» tout en soulignant «l'immense déception pour notre pays». M. de Villepin a indiqué qu'il allait lancer «prochainement» des consultations pour «lancer un grand programme sportif national». «Nous construirons les infrastructures sportives que nous avions envisagées et qui manquent à notre pays: le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, la base nautique de Vaires-sur-Marne et la piscine olympique d'Aubervilliers», a-t-il ajouté.
La modernisation de l'Institut national du sport et de l'éducation physique (Insep) «sera achevée avant les Jeux Olympiques de Pékin (en 2008) pour en faire le centre d'entraînement multisports le plus moderne du monde», a-t-il ajouté.
Delanoë veut rebondir
Bertrand Delanoë (maire de Paris, sur France 2): « C'est une immense déception que je ne m'explique pas, pour vous dire la vérité. (...) Je veux être fair-play et saluer Londres et les Londoniens. J'ai été chaleureux avec mon ami Ken Livingstone, le maire de Londres. Je n'ai pas été aussi affectueux avec tous les promoteurs de la candidature de Londres parce que je ne suis pas sûr qu'on ait livré cette compétition exactement avec les mêmes instruments, le même état d'esprit. (Mardi), quand je montais dans ma chambre me coucher, il y avait des gens qui descendaient de rendez-vous successifs avec le Premier ministre (Tony) Blair et le patron de la candidature, Sebastian Coe. J'avais pas compris que c'était ça, moi, j'avais compris qu'il fallait le meilleur dossier, le meilleur état esprit et je crois qu'une immense majorité du CIO a plutôt un peu pensé ça de Paris. (...) Tout ce qui a été fait de beau, de fort à l'occasion de cette candidature ne doit pas être perdu. D'abord pour les Parisiens, pour les Français qui ont vraiment espéré et construit. Ce n'est pas possible qu'un élan aussi grand au service du sport, au service des sportifs, au service des valeurs soit perdu. Je mettrai toute notre énergie pour que nous rebondissions. »
Bernard Laporte (entraîneur du XV de France) : « On avait le meilleur dossier, a-t-il déclaré. (Les Anglais) nous ont fait de l'intox à l'anglaise, et derrière ils ont beaucoup travaillé. Ils ont fait un travail de sape, ils ont été meilleurs que nous. Ce sont des votes politiques. On a une réaction amère quand on est sportif. On nous fait croire des choses et derrière ce sont des politiques qui décident. Nous sportifs, on est des guignols à côté de ça. (...) La France a montré qu'elle était capable de s'unifier tous bords politiques confondus, toutes entreprises confondues. C'est cette solidarité qu'il faut retenir. »
Florian Rousseau (triple champion olympique de cyclisme sur piste) : « On comptait tant sur les Jeux 2012 à Paris. (...) C'est dramatique pour le sport français. Avec les Jeux à Paris, on dynamisait le sport en France, on avait les installations et on progressait aussi dans l'enseignement. J'espère que l'on aura tout de même le vélodrome couvert qui est prévu à Saint-Quentin-en-Yvelines. Jean-François Lamour nous l'a promis. (Je suis) terriblement déçu mais aussi amer par rapport au lobbying de Londres. On a peut-être été très gentil. Londres a réussi. Malheureusement. »
Tony Parker (vainqueurs de deux titres NBA) : « Je ne comprends pas. Cela fait trois fois, 1992, 2008 et 2012 qu'ils refusent les JO à Paris. Je ne sais pas. C'est bizarre. (...) Franchement, on a mis le paquet, l'artillerie lourde. On a vraiment fait tout ce que l'on avait à faire. Luc Besson a fait un super film, le maire, le président ont fait de très bons speeches ce matin. Je ne vois pas ce que l'on peut faire de plus pour avoir les JO. On pensait "Si on les a pas là, on les aura jamais". Cela prouve que le Comité est anglo-saxon, c'est les Anglais. Franchement je ne comprends pas. (...) Cela fait mal au coeur. Il y a déjà très peu de chances de jouer les JO, et jouer les JO dans son pays encore moins. C'était vraiment l'opportunité. »
Franck Esposito (médaillé de bronze aux JO 1992 en natation) : « C'est horrible. je suis super triste. Tout le monde avait bien bossé. C'est vraiment triste. J'espère que le sport français ne va pas en souffrir. je ne comprends pas ce qui s'est passé. D'autant plus qu'on avait vraiment l'impression que nous allions gagner. »
Mehdi Baala (vice-champion du monde du 1500 m en 2003) : « Je suis déçu, vraiment dégoûté, car j'étais loin de penser que ça se passerait comme ça. Je pensais que Paris était loin devant. Comme quoi, on ne maîtrise pas tout. On ne peut rien faire. C'est dommage car ça représentait plein de choses pour les athlètes français. J'avais prévu d'arrêter en 2012. C'est vrai que j'étais plus motivé si c'était à Paris. Il va falloir se mettre dans l'esprit que Paris aura peut-être les JO, mais ça se passera sans moi. Vu les choses extraodinaires que j'avais connues aux Championnats du monde à Paris, j'aurais aimé revivre ça. »
Didier Deschamps (ancien capitaine de l'équipe de France de foot, au micro de RMC Info) : « C'est une grosse déception. Je pense d'abord aux gens qui se sont impliqués, qui ont oeuvré depuis de longs mois pour faire de Paris la plus belle des candidatures. Mais il faut l'accepter, c'est l'olympisme, le fair-play. Il faut féliciter Londres. La petite consolation, c'est que ce n'est pas très loin de chez nous et qu'on pourra s'y rendre pour assister aux Jeux. Mais c'est très décevant, cela aurait été fabuleux pour la France. »
Guy Forget (capitaine de l'équipe de France de tennis, au micro de RMC Info): « Je suis très déçu. J'y croyais à 200%. J'étais convaincu qu'on allait gagner. Il y a beaucoup de Français qui doivent partager mon avis aujourd'hui. Dans le sport, quand on va sur un terrain, c'est pour gagner. Tous les gens qui étaient motivés, sportifs et hommes politiques, qui s'étaient investis avec beaucoup d'ambition et de coeur, ne doivent rien regretter. C'était une belle campagne. Ils peuvent être fiers, il n'y pas de honte à avoir. Il n'y a rien à redire, si c'était à refaire demain, il faudrait faire les choses de la même manière. Je suis sûr que cela s'est tenu à pas grand-chose. Cette candidature était magnifique. Il n'y a eu aucune faute de faite. Mais il y a des paramètres qu'on ne maîtrise pas. Bravo à Londres. »
Christine Arron (médaille d'or du relais 4x100 m aux Mondiaux 2003) : « C'est dégueulasse. J'étais motivée pour aller jusqu'en 2012 si c'était Paris. J'aurais pu disputer le relais à 39 ans. Là, c'est fini. J'ai déjà gagné l'or à Paris. Ca veut dire que je ferai des enfants. Je ne connaissais pas les autres dossiers mais je pensais que Paris allait gagner. Les gens avaient bien travaillé. On n'a pas vu les Anglais manifester pour avoir les Jeux. »
Daniel Costantini (ancien entraîneur de l'équipe de France de hand-ball) : « Je suis catastrophé. Comme tout le monde et peut-être plus que d'autres. Je suis déçu pour une ville qui n'a pas les Jeux et ne les aura peut-être jamais. Je ne comprends pas. On a dit que les Londoniens s'étaient réveillés un peu trop tard. Mais ce sont eux qui ont gagné ».
| |
|