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La moustache, emblème de la fronde des hockeyeuses sur gazon françaises PDF Imprimer Envoyer

Parue dans l'édition du monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3242,36-717143@51-717234,0.html

La scène s'est produite sur plusieurs gazons de France. Dimanche 27 novembre, lors de leur rencontre de Nationale 1A, les hockeyeuses d'Abbeville et du Stade français avaient troqué leur jupette contre un short et arboraient avec hardiesse une moustache dessinée. C'était l'une des nombreuses actions menées par des joueuses révoltées contre la décision de la Fédération française de hockey (FFH) de ne pas engager l'équipe de France féminine dans le tournoi qualificatif pour la Coupe du monde 2006, prévu en Italie au printemps 2006. Le mouvement de protestation s'est révélé payant, les joueuses venant d'obtenir gain de cause.

 

Le directeur technique national, Gilles Thomas, faisait pourtant valoir ses arguments : "On est un sport olympique. Donc, ce qu'on cherche avant tout, c'est de participer aux Jeux. Pour l'instant on n'a jamais réussi à se qualifier. On a donc choisi de se focaliser sur les Jeux de 2012, non pas de 2008, parce qu'on n'a pas les effectifs et la qualité suffisante." L'objectif de ce plan d'action était d'investir la quasi-totalité des faibles moyens réservés aux filles par la FFH sur la maturation de la jeune génération (17-19 ans), lors des six prochaines années.

 

 

"IL FALLAIT RÉAGIR"

Les joueuses de l'équipe de France n'ont pas caché leur sentiment d'abandon. "Si on ne voulait pas être une génération sacrifiée, il fallait réagir. Le short  et les moustaches, c'était pour symboliser la mort du hockey féminin, pour dire  qu'il n'y aurait plus que des garçons", explique Muriel Lazennec, 32 ans, capitaine des Bleues.

 

La mobilisation générale du milieu du hockey (9 000 pratiquants, dont 2 000 filles) n'a finalement pas laissé insensible le ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative. Jeudi 1er décembre, 40 000 euros ont été débloqués pour envoyer les Bleues participer au tournoi qualificatif. "Jean-François Lamour a considéré qu'il fallait que l'équipe féminine de hockey aille défendre ses chances à Rome. Le ministre a la volonté de promouvoir le sport féminin", affirme Sophie Guillon-Morel, chargée de la communication du ministre. "C'est toutefois le rôle d'une fédération d'émettre des doutes quant à la participation de son équipe dans une compétition internationale", précise-t-elle.

Ce revirement est ressenti comme une libération par les joueuses internationales. "On a bataillé ferme. A nous de montrer qu'on est capables d'aller là-bas. Aujourd'hui, ce qu'on retient, c'est qu'on nous a écoutées", s'enthousiasme Peggy Bergère. "Ça fait du bien de se dire qu'on aura notre chance sur le terrain. Du coup, je me suis rasée les jambes !", raconte la capitaine du club nordique, Caroline Durachta, sélectionnée depuis 1996. Peau douce contre moustaches : ce week-end, les hockeyeuses françaises ont retrouvé leur féminité.



 


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